Accueil Date de création : 05/10/06 Dernière mise à jour : 09/03/10 18:11 / 1279 articles publiés
 

Poesies diverses...

Pour celui qui partage ma vie...  (Poesies diverses...) posté le mercredi 17 septembre 2008 15:56

Le menuisier

J'ai vu le menuisier

Tirer parti du bois.

J'ai vu le menuisier

Comparer plusieurs planches.

J'ai vu le menuisier

Caresser la plus belle.

J'ai vu le menuisier

Approcher le rabot.

J'ai vu le menuisier

Donner la juste forme.

Tu chantais, menuisier,

En assemblant l'armoire.

Je garde ton image

Avec l'odeur du bois.

Moi, j'assemble des mots

Et c 'est un peu pareil.

Eugène Guillevic, Terre à bonheur, 1952

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Automne vu par Victo Hugo  (Poesies diverses...) posté le lundi 24 septembre 2007 21:36

Voici que la saison décline,

 L'ombre grandit, l'azur décroît,

 Le vent fraîchit sur la colline,

 L'oiseau frissonne, l'herbe a froid.

Août contre septembre lutte ;

L'océan n'a plus d'alcyon ;

Chaque jour perd une minute,

Chaque aurore pleure un rayon.

La mouche, comme prise au piège,

Est immobile à mon plafond ;

Et comme un blanc flocon de neige,

Petit à petit, l'été fond.

Victor HUGO (né en 1802 et mort en 1885).

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Les feuilles mortes...  (Poesies diverses...) posté le lundi 24 septembre 2007 21:33

Les feuilles mortes    Jacques Prévert

 Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes

Des jours heureux où nous étions amis.

En ce temps-là la vie était plus belle,

Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.

 Tu vois, je n'ai pas oublié...

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,

 Les souvenirs et les regrets aussi

Et le vent du nord les emporte

Dans la nuit froide de l'oubli.

Tu vois, je n'ai pas oublié

La chanson que tu me chantais.

 Refrain : C'est une chanson qui nous ressemble.

Toi, tu m'aimais et je t'aimais

 Et nous vivions tous deux ensemble,

Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.

Mais la vie sépare ceux qui s'aiment,

Tout doucement, sans faire de bruit

Et la mer efface sur le sable

 Les pas des amants désunis.

 Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,

Les souvenirs et les regrets aussi

Mais mon amour silencieux et fidèle

Sourit toujours et remercie la vie.

Je t'aimais tant, tu étais si jolie.

Comment veux-tu que je t'oublie ?

 En ce temps-là, la vie était plus belle

Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Tu étais ma plus douce amie

Mais je n'ai que faire des regrets

 Et la chanson que tu chantais,

Toujours, toujours je l'entendrai !

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Quand L'automne Devient Poésie  (Poesies diverses...) posté le lundi 24 septembre 2007 21:28

 L'automne vu par René Guy Cadou (1920-1951) 

Odeur des pluies de mon enfance

Derniers soleils de la saison !

A sept ans comme il faisait bon,

Après d'ennuyeuses vacances,

Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,

 Pleine de guêpes écrasées,

Sentait l'encre, le bois, la craie

 Et ces merveilleuses poussières

Amassées par tout un été.

O temps charmant des brumes douces,

Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,

Le vent souffle sous le préau,

Mais je tiens entre paume et pouce

Une rouge pomme à couteau.

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Encore un poème d'automne  (Poesies diverses...) posté le lundi 24 septembre 2007 21:23

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

 ( Les fleurs du mal)

     Chant d'automne

    I

 Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres

Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,

 Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,

Et, comme le soleil dans son enfer polaire

 Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé. J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ; L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.

 Mon esprit est pareil à la tour qui succombe

Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,

 Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part. Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !

Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

 II

 J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,

 Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,

Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,

Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère, Même pour un ingrat, même pour un méchant ; Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère

D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.

Courte tâche ! La tombe attend; elle est avide !

Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux, Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,

De l'arrière-saison le rayon jaune et doux !

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